Au Népal,

enfants : ils ont été victimes d'un trafic,

adultes : ils regardent vers l'avenirs

pour le bien être des populations d'Hulma, Bajura, Mugu.

image d'un oiseau
image du bandeau d'accueil

Les enfants ont le droit de connaître leurs parents, d'être élevés par leur famille, dans leur culture. La séparation avec leur famille est source de nombreux traumatismes psychologiques ou comportementaux.

Lorsqu'un cessez-le-feu a été signé en avril 2008 entre l'armée royale et les rebelles maoïstes, de nombreuses régions du Népal sont devenues de nouveau accessibles aux ONGs. Nous avons pû pour la première fois nous rendre dans des régions reculées telle que Humla, pour comprendre les causes du trafic et rencontrer les familles.

Karya a donc décidé, en partenariat avec Next Generation Nepal, de mettre en place une stratégie en 4 étapes afin de minimiser l'impact de la guerre et des trafics sur les enfants et leur famille. La priorité est de recréer des liens entre eux, et quand les conditions le permettent, de réunir l'enfant avec sa famille de manière permanente.
Pour cela, nous nous sommes appuyés sur les recommandations de l'Unicef.

1. Localiser la famille

Nous organisons des missions d'une à trois semaines à la recherche des familles des enfants qui se trouvent souvent à plusieurs jours de marche de la moindre route. Nous rassemblons les documents officiels et les témoignages des enfants pour avoir un maximum d’informations concernant leur famille. Nous emportons avec nous une photo et un courrier de l'enfant que nous remettons à sa famille quand nous la retrouvons. Certaines familles croient leurs enfants morts, tués par les maoïstes, d'autres n'ont plus aucune nouvelle depuis que leurs enfants ont été trafiqués, parfois 8 ou 10 ans auparavant. Vous imaginez donc leurs réactions quand nous leur apprenons que non seulement leurs enfants sont vivants, mais aussi en bonne santé, nourris et scolarisés.

La joie d'une famille qui reçoit des nouvelles d'un enfant

La joie d'une famille qui reçoit des nouvelles d'un enfant.

2. Évaluer les conditions locales

Ces missions nous permettent également d'évaluer les conditions de vie de la famille en vue d'une éventuelle réunification de l'enfant. Nos critères d'évaluation sont divers : sécurité politique et au sein de la famille (alcoolisme des parents, trafiquants), conditions économiques (nombre de champs et d'animaux, revenus moyens, taille de la maison,...), conditions sociales (lieux d'habitation, relation avec le village, nombre de membres dans la famille...), opportunités d'éducation...

Évaluation des conditions de vie d’une famille

Évaluation des conditions de vie d’une famille.

3. Sensibiliser la famille

Nous prenons le temps nécessaire pour discuter avec les familles. La plupart d'entre elles, n’ayant jamais eu de nouvelles de leurs enfants, elles ne savent absolument pas ce qu'il s'est passé. Elles ignorent que leur enfant a été exploité, que le trafiquant a volé leur argent. Elles ignorent que des centaines d'enfants ont complètement disparus, que des dizaines d'autres ont été adoptés illégalement à l’étranger. Ce sont souvent les larmes qui accompagnent ces discussions ; les familles se sentent terriblement coupable de la souffrance qu'ont endurée leurs enfants. Mais ce travail de sensibilisation, aussi dur qu’il soit, est primordial pour que d'autres enfants ne disparaissent pas.

4. Réunir l'enfant avec sa famille

De retour à Katmandou, nous retrouvons les enfants pour leur distribuer à leur tour des photos et des courriers de leurs parents. Ils les reçoivent toujours avec beaucoup d'émotions, ils peuvent enfin remettre un visage sur un nom qu'ils oubliaient : leurs parents, leurs frères et sœurs, leur maison, leur village. Nous apportons parfois de mauvaises nouvelles aux enfants sur la situation de leur famille qui a parfois beaucoup évolué en quelques années. Nous devons aussi de temps à autres réapprendre à un enfant son identité : son nom, celui de ses parents, de son village, etc...
En effet, l'identité des enfants a souvent été falsifiée, et ceux qui ont été victimes d'un trafiquant très jeunes, ne se souviennent parfois plus de leur identité.

La réunification consiste avant tout à recréer le lien entre l'enfant et sa famille, par le biais de lettres, photos, vidéos ou visites pendant les vacances, pour que l'enfant sache d'où il vienne.
Quand les circonstances le permettent, nous réunissons l'enfant parmi les siens de manière définitive. Nous organisons alors des visites régulières au sein de la famille pour échanger sur les éventuelles difficultés rencontrées suite au retour de leur enfant (qui a parfois oublié son dialecte et les coutumes locales), voir les solutions que nous pourrions apporter et surtout éviter que l'enfant soit de nouveau victime de trafic. Le but final étant l'autonomie complète des familles, nos visites sont dégressives, selon les situations.
Lorsque la réunification n'est pas possible, toutes les alternatives sont étudiées pour recréer un climat familial autour de l'enfant. La priorité est donnée au placement chez des membres de la famille ou en famille d’accueil. Le placement en maison d'enfants se fait lorsqu'il n'y a pas d'autres alternatives.

Réunification d'un enfant au sein de sa famille

Réunification d'un enfant au sein de sa famille.

Les missions de réunification sur le terrain sont menées par du personnel népalais formé par l'association. Les adolescents de la maison d'enfants de Katmandou sont de plus en plus responsables et participent aux missions de sensibilisation dans leur région d'origine. Ils apportent ainsi un témoignage précieux pour convaincre les familles de la dangerosité du trafic pour leurs enfants.
Nous proposons maintenant notre service de recherche des familles à de nombreuses organisations de Katmandou intéressées par notre programme.

image note informative

Retrouver davantage d'explications et des exemples de réunification grâce à nos lettres d'information...


Bilan de nos actions en mai 2011 :

65   missions ont été organisées dans 17 districts du Népal.
327   interviews de familles ont été menées.
283   enfants ont pu recréer un lien avec leur famille.
37   enfants ont été réunis définitivement.