Pause café dans l'appartement Senior

Pause café dans l'appartement Senior

Les maisons d'enfants ont fait leur temps au Népal. De nombreuses ONG ainsi que le gouvernement développent des actions en faveur de la désinstitutionnalisation : il faut trouver des alternatives aux maisons d'enfants.

En effet, élever des enfants en institutions est loin du cadre familiale habituel. Même si les enfants sont nourris, soignés et choyés par le personnel, sur du long terme, la dimension affective et protectrice de la famille constitue un manque.

Parmi les solutions figurent bien entendu la réunification dans les familles, le placement chez des membres de la famille proche, le placement en famille d'accueil. Toutes ces alternatives sont en phase d'étude à l'heure actuelle.

Le principe des maisons d'enfants est particulièrement remis en cause quand les enfants deviennent des jeunes adultes, au milieu d'autres enfants.
Les étudiants, fortement impliqués dans leurs études ont besoin de plus de liberté, de calme pour étudier et aspirent à l'indépendance. Pour les amener à l'autonomie, il faut les mettre dans des situations de responsabilité, ce qui est souvent difficile en institution à cause du grand nombre d'enfants ou d'adolescents.

C'est pour remédier à ces problèmes que 2 types d'appartements ont été loués par l'association :

Les premiers Daal bhat (plat traditionnel népalais) en autonomie

Les premiers Daal bhat en autonomie

  • le senior flat pour les jeunes adultes ayant passé leur SLC (intermédiaire entre le brevet des collèges et le bac).
  • le junior flat pour les adolescents en dessous de la classe 10.

En Août 2012, les jeunes adultes ayant passé leur SLC ont emménagé dans leur nouvel appartement :

Tous âgés de 17 ans et plus, ils vivent en autonomie avec un passage régulier de personnel de l'association.

Ils poursuivent leurs études supérieures et certains d'entre eux travaillent un peu pour avoir de l'argent de poche.

Voici leurs témoignages :

Depuis 9 ou 10 ans je suis resté dans la maison d'enfants, et je ne connaissais pas vraiment les choses pour vivre de façon indépendante. J'étais juste guidé par les différents bénévoles, les managers et mes frères et sœurs de la maison.
Une fois qu'on nous a dit que nous allions avoir un système d'appartement indépendant, que nous serions dans un appartement pour jeunes, nous étions très heureux d'avoir ce genre de choses.

 Ganesh 

C'est un grand changement. Quand j'étais maison Karnali 1, tout était géré, toutes les choses étaient bien gérées, je ne manquais de rien, tout était fourni. Si mon pantalon était déchiré, je pouvais demander à la Didi de le recoudre. Tout était géré à la maison Karnali.
Mais vous savez, quand nous grandissons, je pense que nous avons besoin d'apprendre des choses par nous-mêmes.
Maintenant je suis dans l'appartement des jeunes, et dans l'appartement je dois cuisiner moi-même, je dois tout couper moi-même, je dois tout faire.
Et je peux partir quand je veux, j'ai une clé, je peux aller dehors pour voir mes amis, ou d'autres choses. C'est comme si j'étais libre vous savez.
C'est une bonne sensation d'être indépendant.

 Binod 

... c'est bien d'apprendre tout ça, car nous n'allons pas rester avec les autres pour toujours. Notre vie est en train de changer doucement. Si je me marie ou si j'ai une famille, je devrai prendre soin de mes enfants, donc j'ai besoin d'apprendre. Si je ne sais pas faire, comment je pourrai l'apprendre aux autres générations ?
Ce n'est pas difficile. C'est un bon apprentissage, nous apprenons lentement.
Si l'on fait une erreur comme mettre trop de sel en cuisinant, on réajuste la fois d'après.
Et nous apprenons comment exister par nous-même, comment tout gérer. Nous apprenons lentement.

 Kamal 

Appartement des filles

Appartement des filles

Ce mois-ci, plusieurs appartements junior ont été ouverts pour les adolescents, sous la responsabilité d'un adulte :

  • un appartement pour les 3 filles,
  • un appartement pour les garçons,
  • et un appartement pour une fratrie de 10 à 18 ans.

Le terme d'appartement est un bien grand mot, il s'agit plutôt de 2 ou 3 pièces avec 2 cuisines commune correspondant aux 3 étages d'une même maison.

L'encadrement y est beaucoup moins important qu'à la maison d'enfants puisqu'il y a simplement une "didi", une femme en charge de les aider dans leur quotidien.

Mais c'est à eux de gérer les repas, le ménage...

Et ce mode de vie semble mieux leur convenir.